OUBLIEZ ÇA LES BARS COUNTRY
Lorsque j'ai lu le texte intitulé «oubliez ça les bars…Country» signé par le pseudonyme Bon Succès, ma première réaction a probablement été la même que tous les amoureux de la danse Country. J'étais en beau joual vert ! Mais j'ai pris la peine de le relire et une fois que j'ai eu mis de côté ses sarcasmes insultants, je me suis rendu compte que le fond du message avait quelque chose de vrai. Prenons ses arguments un par un. Il dit qu'un bar Country dédié aux danseurs est trop compliqué et dis- pendieux à opérer à moins d'être situé en campagne. En y réfléchissant bien, on ne peut pas lui donner entièrement tort. Tous les clubs (quand je dis club, je parle de débits de boisson) du Grand Montréal qui ont un jour ou l'autre encouragé la danse Country ont dû repenser leur vocation ou carrément fermer leurs portes au fil des années. On n'a qu'à voir ce qui s'est passé avec le regretté club Le Grand Texas qui fai- sait la joie de tous les danseurs il y a une dizaine d'années. Beau grand plancher de bois central, petits planchers intimes au palier avec tables de billard, superbe décor Country, tenue de cowboy ou tenue de ville obligatoire pour y avoir accès…Il a dû fermer ses portes parce que trop dispendieux à opérer. À part le Club Bolo, qui continue en grande partie grâce à la contribution soutenue de sa clientèle issue de la communauté gaie, il y n'y a pas vraiment de bars à Montréal qui peuvent se vanter de vivre de la danse Country. En banlieue de Montréal, ce n'est pas rose non plus. On n'a qu'à penser au défunt Complexe Nashville qui, encore à cause de frais d'exploitation trop élevés, n'a pu garder ses portes ouvertes à l'année. Il ouvre une fois de temps en temps pour des événements spéciaux maintenant. Je pourrais en nommer un tas et pas seulement dans la région de Montréal : l'Arizona de Brossard, le Lucky Luke-Dalton City de St-Antoine et le Stampede de Québec entre autres. À part quelques exceptions, seules les salles de danse réussissent à faire leur chemin dans cette jungle. Évidemment, je ne peux pas tous les nommer alors ne m'en veuillez pas… Son deuxième argument est qu'il y a trop de danses à apprendre pour pouvoir être toujours «up to date». Là non plus, je ne peut pas lui donner entièrement tort. Au fil des années, j'ai tenté de faire connaître le milieu de la danse Country à plusieurs de mes ami(e)s. Bien qu'au début ils aient tous été impressionnés par le plaisir qu'on avait, ils se sont souvent vite découragés face à la quantité de danses qu'ils voyaient au cours des soirées. Pour monsieur et madame tout le monde qui aurait aimé venir s'amuser avec nous, cela représente un effort considérable quand on y pense alors seuls les plus obstinés s'entêtent et s'ins- crivent à des cours. Et encore là, ça prend un certain temps avant qu'ils soient en mesure de danser tout leur saoul durant une soirée. Avez-vous déjà essayé d'arrêter d'apprendre des danses durant seulement un an ? Vous m'en direz des nouvelles à votre retour. Vous me direz combien de danses vous serez en mesure de danser à votre pre- mière soirée après un an…. Nous avons fait l'expérience Pascal & moi. Nous avons concentré nos efforts sur la danse de couple durant plus de 2 ans. Cette année, nous nous remettons à la danse de ligne et de partenaire. Je vous dis qu'on est en retard pas à peu près. Une chance qu'on a la danse de couple pour compenser parce qu'on ne danserait pas beaucoup…Alors quand Bon Succès dit que c'est une mode pas- sagère pour ceux qui aimeraient trouver leur identité dans la danse Country, il n'a pas tout à fait tort. Si tu n'es pas prêt à investir du temps et des $$$ dans l'apprentissage des danses, tu vas te tourner vers quel- que chose d'autre assez vite. Par contre, si tu t'entêtes un tant soit peu, tu ne pourras que profiter des dif- férents avantages de cette activité sociale qui a tant à offrir. Pour ce qui est de la popularité de la musique Country sur les stations de radio, j'en ai parlé dans une pré- cédente chronique. Je ne crois pas que Bon Succès ait utilisé la bonne façon de faire connaître son opinion. Il est toujours mieux de peser ses mots mais parfois, la frustration a le dessus sur le bon sens. Une chose est certaine cependant, c'est que ceux qui font partie du monde de la danse country sont des gens non seulement te- naces, mais passionnés. Peu importe ce qu'on en dira et de quelle manière on le dira, la danse Country répond à un besoin de société et elle est là pour rester ! Nathalie Thivierge pour Cowboys-Québec

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