C'EST LA FAUTES DES DEUX
Là je vais toucher à un sujet sensible qui touche tous les couples, qu'ils soient compétiteurs ou non. Danser en couple implique nécessairement une notion de partage et qui dit partage, dit possibilité de friction et de désaccord. Désaccord dans les mouvements et désaccords dans les opi nions aussi. La première phrase que nous a lâchée notre professeur André Auclair lors de ma toute première leçon de two-step fût la suivante : « Vous vous êtes inscrits à des cours de two-step alors sortez vos con- trats de mariage…vous en aurez besoin ». On a tous éclaté de rire et on a trouvé ça bien comique. On ne s'imaginait pas qu'il avait tant raison. On s'est vite rendus compte que lorsque ça ne marchait pas, chacun de nous avait tendance à penser qu'on était dans le vrai et que le "problème" venait de l'autre. Sans nous en rendre compte, chacun des couples a développé un esprit critique qui tendait à rejeter les difficultés rencontrées sur son ou sa partenaire de danse. L'agressivité à l'intérieur même des couples était palpable à chaque nouvelle leçon. À un point tel que peu à peu, on a vu les couples lâcher un à un jusqu'à ce qu'il n'en reste plus. Cette situation vous rappelle-t-elle quelque chose ? En tous cas, bien que ce soit difficile à faire constamment, voici quelques petites choses auxquelles il faut faire attention dans votre apprentissage en danse de couple. La première chose à faire est d'éviter de chercher chez l'autre la cause des difficultés éprouvées par le couple. Il faut analyser les choses à l'intérieur même du couple. Lors des cours, il est fréquent que les remarques aient toujours tendance à se concentrer sur une seule des deux parties du couple : ça ne veut pas dire que l'autre doit se persuader qu'il ou qu'elle danse sans problèmes ! Soyons objectifs, les remarques peuvent difficilement s'adresser aux deux en même temps! Surtout ne pas en tirer de conclusions sur ses propres capacités "supérieures" de "bien" danser ! Cette façon de penser provoque parfois des échanges assez vifs (et là je pèse mes mots) entre les par- tenaires qui peuvent aller jusqu'à l'abandon des cours. La coordination des mouvements des différentes parties de votre propre corps est de votre ressort seul. Mais la coordination entre votre corps et celui d'un ou d'une autre ne se fait pas d'une seconde à l'autre. Elle se construit patiemment a force de répétition de gestes et de combinaisons de pas. Il faut commu- niquer avec l'autre en prenant en considération que l'autre n'a peut-être pas assimilé ou compris aussi rapidement que nous ou vice-versa. Parfois c'est d'un côté et parfois c'est de l'autre. Il faut analyser objectivement la situation dans son ensemble, sans concessions pour soi même ou pour l'autre. Personne n'est parfait ! Rappelez-vous pourquoi vous avez décidé de danser en couple. Ce n'était sûrement pas dans l'intention de vous en prendre aux cheveux ! Lorsque vous décidez de prendre le plancher dans une soirée, exé- cutez les figures avec lesquelles vous êtes à l'aise et amusez-vous ! Il sera toujours temps de faire les autres lors de vos pratiques et si vous n'arrivez toujours pas à exécuter une figure, ne vous entêtez pas. Attendez à votre prochaine leçon et demandez conseil à votre professeur et pratiquez…c'est le secret. Il ne faut pas non plus oublier que la danse de couple nous offre des possibilités de figures presque infi- nies alors ne vous entêtez pas ! Si vous éprouvez des problèmes avec une figure et que ça ne marche pas, dites-vous qu'il y en a d'autres ! Peut-être que la prochaine leçon vous réserve une figure avec la- quelle vous n'aurez pas de difficultés. L'important est de bien posséder les bases et de savoir recon- naître ses propres limites. Vous savez, depuis le temps que je pratique la danse, j'en ai appris des danses de ligne et des danses de partenaires qui, pour la plupart n'ont pas survécu aux nouvelles danses qui sortent à toutes les ses- sions. Mais mon bagage en danse de couple, je le traîne avec moi depuis longtemps et il me restera toujours peu importe les années. Je n'ai pas à le mettre de côté à chaque nouvelle musique qui sort pour apprendre une chorégraphie. Non, un two-step restera toujours un two-step et un West Coast Swing res- tera toujours un West Coast Swing, peu importe qui le chante. Je n'ai qu'à laisser mon partenaire m'en- traîner dans la douce euphorie que me procure la danse. N'est-ce pas génial ? Allez…soyez indulgents envers vous-mêmes et vos partenaires, vous ne le regretterez jamais. Nathalie Thivierge pour Cowboys-Québec

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